J’avais conservé l’amour des Pyrénées depuis la cure à Luchon étant adolescent ; les occasions de la vie ont amené mon foyer à Rébénacq en 1981. Découverte d’un petit village… on me dit passionné des bastides, mais ce qui est passionnant c’est de découvrir un monde que les anciens racontent. Les pierres elles-mêmes ont une histoire à nous dire, et en outre il y a une mémoire écrite à explorer : elle va bien au-delà des souvenirs des aînés.  On a alors quelque chose à partager entre voisins et  les bastides ouvrent la porte à un grand monde du Sud-Ouest que les historiens nous aident à comprendre. Au fil des partages, des amitiés se forment…

Mon produit local préféré :
Hum, quelques artisans en vallée fabriquent un pain de seigle levé à point, sans équivalent à 50 km à la ronde.

Mon point de vue préféré :
J’aime bien la montée depuis le Benou (secteur Houndas) vers les cromlechs. Cette promenade aisée fournit de très belles vues sur Bielle et Bilhères. Puis on arrive aux cromlechs et on imagine les hommes qui vivaient là il y a 2 ou 3 000 ans. On s’assoit presque à leurs côtés : peut-être appréciaient-ils eux aussi la belle vue sur le Pic de Ger. Et en bas, c’est  la vallée d’Ossau : on perçoit très bien de cet endroit le creux formé par le glacier il y a 18 000 ans, il occupait tout le fond de vallée jusqu’au port de Béon. Une sorte de vertige romantique autant qu’historique avant de redescendre. Si l’on patiente, les vautours peuvent planer, ou la fameuse Marie-Blanque… (Et pour les enfants ; les buis de ce secteur permettent de mémorables parties de cache-cache dans les buissons !)

Où j’aime me promener :
Ah, on pose la voiture au parking avant Sainte-Colome, on continue à pied, en traversant le village, ses maisons avec encore quelques moutons dans les bergeries, ou la surprise de voir des dates remontant aux années 1550, puis la route se continue tranquille et peu fréquentée entre les collines, avec une belle vue sur le Males Ores et le Jaout.

Un endroit insolite :
Les taillis qui accompagnent le lac de Castet. Quand on sort des sentiers battus, on pénètre dans un milieu étrange : végétaux et eau s’entremêlent, lichens et mousses s’en donnent à cœur joie. En montagne, c’est les panoramas, on voit tout et on est vu de tous, dans ces bosquets ; ici, c’est tout le contraire, des petits endroits secrets, enchevêtrés, où l’on imagine que se nichaient des croyances aux êtres occultes : frrr ! ah c’est simplement une libellule qui vient de nous frôler.

Votre activité préférée :
En vélo, c’est magique, départ de Rébénacq, le temps de s’échauffer les jambes, on tourne à Bielle pour faire le col de Marie-Blanque. Je l’ai fait des dizaines de fois. Au printemps, la route après le Benou est bordée de touffes d’Aconit avec leur bleu intense. Trop dur ? mais non, ça vient petit à petit avec l’entrainement, vous verrez.

Votre restaurant préféré :
Les Bains de Secours à Sévignacq-Meyracq. Une carte agréable, de la gastronomie soignée, traditionnelle mais inventive quand même, et l’ambiance au calme d’une ferme béarnaise.
À déguster l’hiver avec un feu de cheminée, ou l’été en terrasse sous la galerie…

Quelques idées de promenades aux alentours de la Vallée d’Ossau :
À la descente du Pourtalet, aller en Espagne à Sallent, continuer la route le long du lac en rive gauche. Rejoindre Lanuza, le village a été reconstruit suite à la création du barrage, mais des vieilles pierres ont été réutilisées et conservent l’ambiance des villages traditionnels. La route est moins connue que l’itinéraire habituel qui fonce vers l’Espagne, et l’on peut à tout instant s’arrêter pour faire des photos, en jouant avec les reflets sur l’eau du lac.

Visites de la Bastide de Rébénacq en été :
Les visites auront lieu les mercredis 7, 14 et 21 août, la visite commence à 10h, elle est gratuite. Elle permet à la fois de découvrir ce qu’est une bastide, c’est à dire pourquoi Rébénacq a cette superbe place carrée, et de laisser parler les façades des maisons : elles ont plein de choses à nous dire (encadrements de porte, heurtoirs…).
Une séance exceptionnelle (plus courte) aura lieu le vendredi 9 août à 18h, en prélude au concert de la soirée.

Quelles bastides peut-on visiter aux alentours ?
Bruges est une sœur de Rébénacq (quant à son plan) mais recèle des endroits pleins de charme près du petit cours d’eau Landistou, sans oublier son église, le clocher et le beau porche.
Nay est une bastide plus classique, mais la Maison Carrée est superbe : un palais italien à notre porte ! Et le marché traditionnel, institué en 1302 le mardi, garde tout son charme : toute la vie d’une communauté, on se parle, on fait affaire…

Les villages de la vallée qui ont un riche patrimoine:
Quand on lit patrimoine, on pense à monument : un château, une belle église, il y en a dans la vallée (Assouste et sa vue sur Laruns!). Le patrimoine peut être autre chose. Un groupe de chanteurs accompagnés d’un tun-tun… Ou bien encore la structure même des villages. C’est typique à Rébénacq dont le plan est presque écrit dans le document de 1347. Mais si cette place carrée étonne, c’est qu’elle diffère beaucoup des autres villages de la vallée ; leurs rues sinueuses nous parlent d’une structure beaucoup plus ancienne de société, remontant peut être vers l’an 1000 ou avant. Buzy est peut-être resté le plus proche de ces villages d’alors, avec un habitat très dispersé. Au fond, la structure des rues est la même à Arudy, mais les maisons y sont devenues jointives. Un dernier coup de cœur : le point de vue au cimetière de Castet, toute la vallée glaciaire en enfilade et là sous les yeux l’un des donjons les mieux conservés alentour, sur sa motte circulaire bien visible, reste d’une « abbaye laïque » , faisant face au château vicomtal aujourd’hui détruit : un accès à la vallée bien gardé…